Historique

Construit au milieu du XVIIIe siècle, l’ancien Haras National de Strasbourg constitue un ensemble remarquable, dont  les façades, les toitures,  le portail monumental et la grande écurie, réalisés dans la tradition classique, sont classés au titre des monuments historiques.

Siège de l’académie municipale d’équitation à partir de 1752, le site a été investi en 1756 par le Haras Royal sur les instances du marquis d’Argenson, alors directeur des haras du royaume.

C’est le programme royal du haras qui nous vaut la grande écurie fermant la cour du complexe au nord. Celle-ci apparaît comme un véritable hôtel du cheval dans la grande tradition classique.

Six hautes arcades moulurées en plein cintre réparties autour d’un avant corps central occupent l’unique niveau entièrement appareillé de grès rose de la façade principale. Devant la grande écurie s’étend l’esplanade du manège à ciel ouvert, indispensable aux évolutions des cavaliers.

L’origine des Haras Nationaux de Strasbourg

Créée en 1621, l’Académie d’équitation de la ville fut à l’origine un centre de formation dans la pratique équestre pour jeunes Français et Allemands aisés séjournant à l’université de Strasbourg. De ce fait, les cours étaient bilingues et le manège ouvert durant la période scolaire.

En 1753, le Marquis d’Argenson soumit le projet d’investir l’Académie équestre fraîchement installée rue Ste Elisabeth, pour y adjoindre les haras royaux.
« …J’ai su en même temps que cette académie n’était pas aussi nécessaire à la ville qu’elle pouvait le désirer, ce qui m’a fait penser qu’il aurait pu être un moyen de remplir plus parfaitement ses vues en joignant son établissement à celui du haras. Il s’y trouverait par une réunion du nombre de chevaux d’élite plus que suffisant pour le soutien de l’école et il n’y aurait que les mêmes frais pour l’entretien des chevaux et leur nourriture. La ville en ce cas ne céderait par les conditions que nous ferions ensemble, que ces terrains et les bâtiments qui lui appartiennent où je ferais construire une écurie d’augmentation nécessaire au haras… ».

A raison, cette proposition fut mal reçue par la ville car la juxtaposition de ces deux programmes n’était guère compatible. En effet, un haras hébergeait traditionnellement des étalons dont le travail était d’assurer la reproduction et la pérennité de la race.

Durant la période des saillies (du 1er avril au 1er juillet) les élèves ne pouvaient plus s’entraîner et leurs cours étaient interrompus.

Dix ans plus tard, le manège ne fonctionnait pratiquement plus et en 1776 l’école ne recensait que 4 à 5 élèves. L’absence d’un traducteur éloigna les étudiants allemands de cette Académie.

Supprimée lors de la Révolution Française, l’école ressuscita sous Napoléon 1er pour disparaître à nouveau en 1823. Grâce à un certain Nicolas Thomann, le manège reprit vie entre 1830 et 1845, année où le bâtiment des Haras ferma définitivement ses portes à toute école d’équitation.

L’architecture des Haras Nationaux de Strasbourg

Les Haras Nationaux occupent une place privilégiée dans la ville. Ils sont situés le long des anciens remparts médiévaux, à proximité de l’hôpital civil, et en bordure de trois rues :

– La première aile se trouve en bordure de la rue Ste Elisabeth. Elle intègre le portail d’entrée originel des Haras. Elle abritait un corps de logis pour le maître écuyer.
– La seconde aile, perpendiculaire à la première, se situe en retrait de la rue des Glacières. Le manège et l’ancienne écurie y étaient installés.
– Le dernier bâtiment longe la rue des Greniers. Il accueillait autrefois la grande écurie royale.

Le complexe actuel a connu de nombreuses transformations historiques, aujourd’hui bien visibles dans son architecture.

En 1752, les premières constructions des Haras Nationaux de Strasbourg virent le jour : le grand manège couvert, l’ancienne écurie et les logis furent signés par l’architecte Jacques Gallay.

En 1756, les seconds aménagements permirent l’édification de la prestigieuse écurie royale en grès rose fermant la cour au nord, donnant sur la façade principale et ornée de six hautes arcades en plein-cintre. Ce véritable «hôtel du cheval» permettait de loger 32 étalons.

En 1758, une forge avec son bûcher, une infirmerie et une remise furent installés dans un petit édicule parfaitement régulier, composé à l’origine par deux pavillons qui cantonnaient un abri couvert. Sa toiture à quatre pans était de très faible pente.

En 1784, l’ancienne toiture à 4 pans fut transformée en une toiture à un seul versant de forte pente, permettant l’aménagement de chambres de palefreniers. Dans le même temps, la forge fut transférée dans un petit édicule indépendant.

Les monuments classés historiques

D’après l’arrêté du 6 janvier 1922 : sont classées au titre des monuments historiques la grande écurie en totalité et l’entrée principale.

D’après l’arrêté du 22 septembre 1987 : sont classés au titre des monuments historiques l’escalier à balustres en bois situé dans le corps de logis principal, les façades et toitures de l’ensemble des bâtiments (à l’exclusion de celles des deux bâtiments en bordure de la rue des Glacières et de la petite aile en retour au Sud Est de la grande cour).